RDC : Parmi les 26 provinces, certaines n’ont pas d’infrastructures viables

RDC : Parmi les 26 provinces, certaines n’ont pas d’infrastructures viables

Avant même la promulgation la loi consacrant  le fonctionnement de 26 provinces tel que le reconnaît la Constitution du 18 février, les habitants du Katanga, des deux Kasaï, du Bandundu et de l’Equateur avaient déjà annoncé leurs couleurs, au motif que le découpage qui, in fine, loin de promouvoir l’unité et la paix pour les Congolais appelés à s’aimer et à s’unir autour du majestueux fleuve Congo sont éloignés et aussi invités à se haïr puisque n’appartenant plus à une même province, à se bagarrer à cause des frontières et des ressources  du sol du sous-sol. Une haine qui ne peut que se justifier (nous ne l’encourageons pas) si l’on sait que parmi les 26 provinces, certaines n’ont pas d’infrastructures viables : pas d’aéroport pas d’usines, pas de richesses du sol et du sous-sol,  pas de routes bien tracées. A se demander comment ça va se passer dans de telles provinces au moment des élections prévues dans moins de 20 mois !

Au Kasaï Occidental, et précisément à Mweka, indique une source proche de Mweka, la population, qui ne veut pas se séparer de la ville de Kananga, ne veut rien entendre de cette loi. A en croire notre source, les ressortissants de ce territoire qui  se trouve être le fief d’Evariste Boshab sont descendus dernièrement dans la rue pour protester contre le découpage de leur province, avec à leur tête le sénateur  Mbweshi, de la tribu Kete. Une pétition est initiée par le sénateur sur place à Mweka, question de réunir les signatures nécessaires pour dire non au découpage. Ils disent ne pas être disposés à parcourir 270 km et dépendre  de Tshikapa, ville diamantifère pressentie comme capitale de la  nouvelle province du Kasaï.

Il en est de même des habitants de Lwebo, chef-lieu du district du Kasaï qui sont eux aussi descendus dans la rue pour désapprouver la nouvelle province du Kasai. Dans leur colère, ils réclament un référendum à l’issue duquel on pourra se prononcer sur la faisabilité d’un tel découpage.

Ngandajika, pas d’accord avec Lomami

Il n’y a pas qu’au Kasaï Occidental où le découpage est senti comme la lèpre, au Kasaï Oriental aussi, notamment dans le territoire de Ngandajika où les habitants ne veulent pas appartenir à la nouvelle province de Lomami. A cet effet, une pétition initiée par l’un des députés élus de ce territoire avait recueilli près de 1.000 signatures, pétition qui a été déposée au bureau de l’Assemblée nationale. Mais lors du débat au sujet du découpage, aucun cas n’en a été fait.

Comme on le voit, l’installation des nouvelles provinces, risque de faire basculer le pays dans une crise, tellement les réactions fusent de partout après la promulgation de la loi portant découpage par le chef de l’Etat. Les analystes y voient plutôt un piège qui enfoncerait davantage le pays et surtout  ouvrirait la voie à la balkanisation.

C’est ici, au vu de tous ces désavantages, l’occasion de se demander pourquoi un tel projet peut-il être mis à exécution à quelques mois seulement des élections et de la fin du deuxième mandat de Joseph Kabila Kabange. En tout cas, si tous ne peuvent se prononcer pour l’abrogation de cette loi sitôt promulguée, nombreux sont ceux qui proposent sa surséance.

[Valentin Wakudinga]

contactprovincelomami@gmail.com